Le gouvernement wallon abandonne-t-il l’objectif d’un retour à l’équilibre budgétaire en 2029 ? La réponse donnée par Les Engagés est sans appel. Le parti rejette cette échéance, jugée intenable sans sacrifier les investissements nécessaires à la Wallonie. Cette prise de position, portée par le ministre François Desquesnes, marque un tournant dans la politique économique de la Région.
Le contexte budgétaire reste difficile. Un déficit de 700 millions d’euros est annoncé pour 2026. La charge de la dette augmente. Les discussions entre le MR et Les Engagés s’annoncent tendues.
Wallonie : la fin de l’objectif d’équilibre budgétaire en 2029
C’est une déclaration qui bouscule le calendrier politique wallon. Interrogé sur la trajectoire des finances publiques, François Desquesnes, ministre des Engagés, a clairement indiqué que le retour à l’équilibre budgétaire en 2029 n’est plus un objectif. « Oui, c’est bien ce que je viens de dire. Les présidents de parti ont négocié cet accord il y a deux ans, dans un contexte donné. Depuis, le monde a changé », a-t-il affirmé.
Les Engagés justifient ce rejet par la nécessité de préserver les investissements. Lutter contre le réchauffement climatique, entretenir les routes, moderniser les infrastructures : ces priorités demandent des moyens. Imposer un retour à l’équilibre trop rapide conduirait à réduire ces dépenses. Une facture jugée bien plus lourde à long terme.
Le gouvernement wallon face à un déficit structurel
Le rejet de l’échéance 2029 ne signifie pas pour autant ignorer le déficit. Les chiffres sont là. Le budget wallon représente environ 21 milliards d’euros de dépenses pour 18 milliards de recettes. Le précédent gouvernement avait choisi de dépenser davantage pendant les crises.
Aujourd’hui, la situation s’est inversée. Le déficit se réduit, mais la charge des intérêts augmente. Les emprunts se contractent à des taux plus élevés. Le gouvernement doit donc faire converger dépenses et recettes. Mais à quel rythme ? C’est toute la question.
- 📉 Un déficit de 700 millions d’euros annoncé pour 2026, un effort qualifié de « gigantesque » par le ministre-président Adrien Dolimont.
- 🏗️ La nécessité de maintenir des investissements importants pour le climat et la mobilité.
- 💶 Des dépenses contraintes, mais un refus assumé de rogner les investissements publics.
- 📊 Un objectif de réduction du déficit de moitié d’ici 2029, une étape intermédiaire qui reste d’actualité.
- 🔍 Une trajectoire jugée « intenable » par Les Engagés dans le contexte économique actuel.
Budget wallon : des tensions entre le MR et Les Engagés
La position des Engagés complique la donne pour le MR. Les deux partis forment la coalition en Région wallonne. Ils étaient jusqu’ici alignés sur la trajectoire budgétaire. Le conclave budgétaire à venir servira de premier grand test.
Adrien Dolimont, le ministre-président MR, a lui aussi nuancé son discours. « Je refuse le fétichisme des chiffres », a-t-il déclaré. Il reconnaît que le rythme fixé en juillet 2024 est peut-être intenable. Mais il insiste sur la nécessité de retrouver une trajectoire d’équilibre à terme.
Le MR défend sa trajectoire. L’opposition dénonce une politique illisible. Les Engagés, de leur côté, assument leur choix. Ils préfèrent investir dans l’avenir de la Wallonie plutôt que de respecter une échéance devenue irréaliste.
Des investissements nécessaires pour le climat et la mobilité
François Desquesnes l’affirme : on ne crée pas une nouvelle source de financement pour combler un déficit. « Les travaux publics ne sont pas une dépense, mais un investissement », dit-il. Une façon de rappeler que la mobilité du quotidien et l’attractivité économique de la Wallonie dépendent d’infrastructures de qualité.
Le réseau routier wallon vieillit. L’entretien coûte cher. Le réchauffement climatique impose d’adapter les infrastructures. Ces besoins nécessitent des financements pérennes. Le gouvernement explore plusieurs pistes, dont une vignette autoroutière. Mais les recettes d’une taxe ne sont pas affectées par principe juridique. Rien ne garantit qu’elles iront au réseau routier.
Finances publiques wallonnes : quelles alternatives pour la politique économique ?
Le rejet de l’échéance 2029 oblige à repenser la stratégie budgétaire. Le gouvernement planche sur une adaptation de la fiscalité automobile. Une réforme globale avait été annoncée par l’exécutif précédent. Seule la taxe de mise en circulation avait été modifiée. La taxe de circulation reste à revoir.
Les discussions budgétaires vont entrer dans le vif du sujet. Les arbitrages seront délicats. Les Engagés veulent investir. Le MR veut rassurer les marchés financiers. L’opposition, elle, dénonce un manque de lisibilité. Une chose est sûre : la Wallonie devra faire des choix clairs pour assainir ses comptes sans casser son potentiel de développement.
Le plan Oxygène et la charge de la dette wallonne
Le plan Oxygène, destiné aux communes en difficulté, a déjà coûté 100 millions d’euros à la Région. C’est un exemple des pressions financières qui s’accumulent. Yvan Verougstraete, également membre des Engagés, a alerté sur les conséquences de l’inaction : sans réforme, il faudrait économiser 10 milliards d’euros en plus d’ici la fin de la législature pour couvrir la hausse des intérêts.
La Wallonie n’est pas la seule concernée. La Fédération Wallonie-Bruxelles cherche aussi à stabiliser son déficit, chiffré à 197 millions après ajustement. L’effort demandé est colossal. Les décisions prises dans les prochains mois détermineront l’avenir des finances publiques wallonnes. Les Engagés ont fait leur choix : l’investissement d’abord, l’équilibre comptable ensuite.

Diplômée d’école de commerce parisienne, ex-presse économique, Morgane couvre depuis huit ans la mobilité d’entreprise. Elle pilote Unilease pour traduire la jungle du leasing en décisions actionnables.