Impôts sur les successions : la CFDT suggère une taxation dès le moindre euro hérité

Morgane Louis · 27 août 2026 · 3 min read · 564 words

La CFDT remet la fiscalité des successions au cœur du débat. Marylise Léon, secrétaire générale du syndicat, propose de taxer tous les héritages, dès le premier euro. Une mesure présentée comme un pilier de « justice sociale », à un an de l’élection présidentielle de 2027.

La CFDT veut taxer tous les héritages dès le premier euro

L’été dernier, Marylise Léon a défendu cette idée sur RTL. Selon elle, la plupart des transmissions échappent aujourd’hui à l’impôt. Seuls les héritages les plus importants sont effectivement taxés. Le syndicat estime que ce système est inégalitaire.

Concrètement, la CFDT propose une imposition universelle sur les successions, même les plus modestes. Cela signifie qu’un héritage de quelques centaines d’euros serait également soumis aux droits de succession. Une refonte complète de la fiscalité est donc envisagée.

Une réforme qui soulève des questions complexes

La secrétaire générale en est consciente. Cette réforme fiscale pourrait mécontenter une partie de l’électorat. « Est-ce qu’on aura des responsables politiques qui auront le courage d’assumer que ça peut bouleverser une partie de leur électorat ? » interroge-t-elle. La question est loin d’être tranchée.

Les chiffres donnent le vertige. En février 2022, Bruno Le Maire estimait que les deux tiers des successions n’étaient soumis à aucun droit de succession. Un manque à gagner considérable pour l’État, mais une réalité complexe à appréhender pour les familles.

Le contexte politique : une mesure pour la présidentielle

La CFDT entend peser dans la campagne. Début 2027, Marylise Léon souhaite organiser un échange avec l’ensemble des candidats sur ses propositions. L’objectif : remettre le sujet des impôts sur les successions à l’agenda.

Certains candidats ont déjà pris des positions similaires. Raphaël Glucksmann évoque, par exemple, un impôt « sur les grandes successions ». Les idées circulent, mais la taxation dès le premier euro reste une proposition radicale.

Les arguments clés de la CFDT

Le syndicat avance plusieurs raisons pour justifier cette imposition élargie. Voici les principaux arguments présentés :

Une stratégie syndicale assumée

Tous les candidats ne seront pas conviés aux échanges organisés par la CFDT. Marine Le Pen est d’ores et déjà exclue. « La CFDT a une ligne extrêmement claire sur le fait qu’elle ne parle pas aux candidats de l’extrême droite », rappelle Marylise Léon.

Cette position marque une volonté de peser sur le débat politique, sans transiger sur les valeurs du syndicat. La réforme fiscale devient ainsi un marqueur fort de l'engagement social de la CFDT.

La proposition est claire, mais les obstacles restent nombreux. La question des successions touche au cœur du pacte social et à la transmission du patrimoine. La CFDT ouvre le débat, mais la décision finale appartiendra aux électeurs et aux futurs dirigeants.